Médias, mensonges, désinformation, guerre

Post-démocratie : Press TV censuré en Allemagne

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Publié par le Réseau Voltaire le 5 avril 2012

C’est par un simple courriel envoyé aux dirigeants de la Radio-Télévision de la République Islamique d’Iran (IRIB) que le Bureau de Régulation des Médias (BLM) basé à Munich a notifié l’interdiction de diffusion de la chaîne iranienne anglophone Press TV en Allemagne.

L’autorité affirme que la chaine internationale d’information ne dispose pas des autorisations nécessaires pour la diffusion en Europe.

Cette fermeture fait suite à l’interdiction de Press TV en Grande-Bretagne par l’Ofcom, la haute autorité britannique de régulation de l’audiovisuel en janvier dernier. [1]

La chaine de son côté estime que cette décision fait partie d’une stratégie des Occidentaux pour faire taire une voix gênante.

Press TV s’est notamment fait remarquer auprès du grand public anglo-saxon par sa couverture des mouvements de protestation Occupy aux États-Unis et en Grande Bretagne, ainsi qu’en fournissant aux téléspectateurs un regard différent sur les offensives lancées contre la Libye ou la Syrie.

Le Réseau Voltaire rappelle que la liberté d’expression est un préalable à tout système démocratique. Elle ne peut être limitée que par la loi. Or, dans cette affaire, la censure n’est pas une décision judiciaire faisant suite à la commission de crimes ou de délits, mais une simple décision administrative à caractère évidemment politique.

C’est également de cette manière que la chaîne d’information libanaise Al-Manar avait été interdite, d’abord en France, puis dans tous les États occidentaux [2]. À l’époque, Al-Manar avait été accusée d’avoir diffusé un programme antisémite, mais le juge d’instruction n’avait jamais été en mesure d’établir le délit et de saisir le Tribunal. Le Conseil d’État (c’est-à-dire le juge administratif et non pas le juge pénal) avait en définitive interdit la chaîne en raison du trouble à l’ordre public suscité par la polémique autour de l’accusation d’antisémitisme, alors même que celle-ci apparaissait non fondée.

Les interdictions administratives successives en Europe, au cours des six dernières années, de chaînes d’information libanaises, palestiniennes, libyennes, syriennes et iraniennes illustrent l’incapacité de l’Union européenne à répondre à la contradiction autrement que par la censure et la propagande, et son renoncement aux principes fondamentaux de la démocratie.

Ces interdictions administratives de télévisions du Proche-Orient visent à l’évidence à empêcher les citoyens européens de prendre connaissance d’un point de vue particulier sur les conflits de cette région, alors même qu’un débat est ouvert sur de possibles guerres auxquelles les Européens participeraient. En ce sens, elles contreviennent aux résolutions 381 [3] et 819 [4] de l’Assemblée générale des Nations Unies, lesquelles font obligations aux États membres de « supprimer les obstacles qui empêchent les peuples de procéder au libre-échange des informations et des idées, condition essentielle de la compréhension et de la paix internationales. »

 


 

 

«Il n'y a rien de pire que de gâcher une bonne crise»

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JEUDI, 02 FÉVRIER 2012 16:15 par http://www.actuchomage.org

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C'est ce qu'a déclaré le patron d'Airbus, Thomas Enders, au Forum économique mondial de Davos.

Selon les envoyés spéciaux des Echos, malgré l'état actuel du monde, ses 200 millions de chômeurs et ses «troubles sociaux», il y régnait une atmosphère de confiance...

Pour Thomas Enders, président exécutif d'Airbus et membre du groupe Bilderberg, l'Europe ne mène pas assez de réformes, notamment en ce qui concerne le marché du travail. Or c'est le moment ou jamais d'agir : «Il n'y a rien de pire que de gâcher une bonne crise», a-t-il lâché à son auditoire.

Milton Friedman l'aurait approuvé, lui qui avait si bien compris l'utilité des crises pour imposer, de gré ou de force, les potions ultralibérales les plus amères aux populations. «Seule une crise, réelle ou supposée, produit un vrai changement. Lorsqu'elle se produit, les mesures prises dépendent des idées alors en vigueur», disait-il. Et face à cette nouvelle crise dont l'ultralibéralisme est l'unique responsable, la doxa en vigueur consiste à réduire sans relâche le coût du travail (en Grèce, il a déjà baissé en moyenne de 14% depuis deux ans) afin de laminer la protection sociale (chômage, retraite…), flexibiliser l'emploi au maximum (la Cour européenne de justice vient d'autoriser le renouvellement illimité du CDD) et détruire au maximum les garanties offertes par le Code du travail (comme nos "accords-compétitivité-emploi" en préparation). Quitte à nous conduire droit dans le mur.

Thomas Enders, patron licencieur et boursicoteur

Rappelons que ce capitaine d'industrie était fortement impliqué dans l'affaire EADS — où 10.000 emplois ont été sacrifiés grâce à l'incompétence de leurs dirigeants — et le scandaleux
délit d'initié qui en a jailli (Noël Forgeard, ancien co-président d'EADS, Thomas Enders, ex-coprésident exécutif d'EADS, Gustav Humbert, ex-président d'Airbus, Jean-Paul Gut, ex-directeur commercial d'EADS, Hans-Peter Ring, directeur financier d'EADS, François Auque, PDG d'EADS Space… ont notamment été soupçonnés d'avoir vendu massivement, de fin 2005 à début 2006, des actions du groupe avant que leur cours ne s'écroule en juin 2006). Il s'était alors plaint d'avoir été «traité comme un criminel» et «stigmatisé»… le pauvre !

Mine de rien, selon le rapport de l'Autorité des marchés financiers, Thomas Enders avait bel et bien vendu 50.000 actions en novembre 2005 qui lui ont rapporté environ 711.000 euros. Pourtant, il n'avait pas de problème de salaire : en 2006, sa rémunération brute totale dépassait 1,7 million d'euros. Alors que Noël Forgeard ou le directeur commercial d'Airbus, l'Américain John Leahy, ont été mis en examen, notre «Major Tom», ancien officier parachutiste, s'en est bien tiré, l'AMF l'ayant simplement placé sous statut de témoin assisté.

L'affaire oubliée, on voit que l'homme a repris du poil de la bête. Cet «Allemand à la poigne de fer» va succéder à Louis Gallois au poste de président exécutif du groupe tandis qu'un certain Jean-Claude Trichet, 68 ans et toujours pas à la retraite, fait son entrée au conseil d'EADS en tant qu'administrateur de la maison mère d'Airbus : un job lucratif et pas trop fatiguant. La nomination de l'ex gouverneur de la BCE, paléo-libéral obsédé par l'inflation, est un «élément-clé de la relation franco-allemande», nous dit-on. Entre «maîtres du monde» et champions du cynisme, on se comprend.

SH

Suggestions de lecture

 

 

La guerre mondiale contre la démocratie

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Par John Pilger Le 19 Janvier 2012, traduit par Résistance71


Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçue dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez de sourire les filles !”

Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions, ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu la rumeur que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”

Guerre mondiale contre la démocratie

   

Bruits de bottes

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Alors même que les US et l'UE, partenaires au sein du « bloc occidental » dont l'OTAN et « l'Union Transatlantique » sont les instrument de coordination, ne peuvent plus être réellement appelés « démocraties »note ni même « états de droits »note, de sourds bruits de bottes nous parviennent.

OTAN - Guerres, pillages et destructions



Ces bruits nous viennent d'Iran bien sûr, pays dont depuis quinze ans il est dit quasi-annuellement qu'il est 'à quatre ans' d'avoir l'arme nucléaire. Malgré que tout donne à penser que ces campagnes successives ne sont que désinformation et partie intégrante de ce qu'il est convenu d'appeler des « opérations psychologiques », il ne faut pas oublier que des déploiements de troupes et des manœuvres militaires ont lieu. Nous ne citerons que cette information : un drone US RQ-170 violant l'espace aérien de la République Islamique d'Iran a été abattu ce 5 décembre 2011note.


Voisine de l'Iran, la Syrie est depuis plusieurs mois la cibles d'attaques de différents ordres. Des groupes armés, dont de nombreux signes montrent qu'ils sont soutenus par des pays tiers, créent un climat de tension extrême, provoquant la mort de nombreuses personnes parmi les militaires et policiers syriens mais aussi parmi la population civile. Notons au passage que les demandes de changement et d'émancipation de sa population sont maintenant rendues largement inaccessibles.

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Stratégie du choc et de la tension : résultats positifs!

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Naomie Klein a publié un ouvrage faisant référence : « La stratégie du Choc ou le capitalisme du désastre note». Celui-ci explique, à l'aide de nombreux exemple la manière dont les « chocs », qu'ils soient naturels ou provoqués, permettent une exploitation des ressources et des populations qui, sans ce choc, n'aurait pas été possible. La stratégie de la tension est un cas particulier de la stratégie du choc consistant à créer un climat de choc par l'usage de méthodes impliquant la force arméenote.

 

Les citoyens de pays membres de l'UE sont aujourd'hui confrontés à l'application de ces techniques. Les résultats, qui sont déjà partiellement visibles, seront une diminution de leurs moyens de subsistancenote, une perte de leurs libertés démocratiques et un renforcement du contrôle et de la surveillance dont ils sont l'objet.

 

Le « choc » est matérialisé par la crainte de l'effondrement du système financier dont on leur dit qu'ils seront victimes : des chiffres astronomiques sont avancés (on parle de centaines voire de milliers de milliards d'euronote) sans mise en perspective et sans explication claire des tenants et aboutissements. Il est remarquable que les créances ne soient jamais abordées or, s'il y a dette, il y a créance.

 

La seule possibilité présentée aux populations est de payer les banques en « faisant des économies », c'est à dire en supprimant les ressources et solidarités interpersonnelles de ces populations. Sont visés les salaires, les retraites, les allocations sociales, les services culturels et de santé, et toute dépense des états leur profitant. Sont exemptés de diminution les budgets des forces armées et de contrôle, les sociétés transnationales et, plus généralement, ce qu'il est convenu d'appeler « le grand capital ».

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